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Les images du monde tremblant.

«Yurameki» de Kodo Chijiiwa

Le vent essaie d'écarter les vagues de la mer.

Mais les vagues tiennent à la mer, n'est-ce pas

é vident, et le vent tient à souffler… non il ne tient

pas à souffler, même devenu tempête ou bourrasque il n'y tient pas. (…)

Henri Michaux, «Le vent», dans «La nuit remue»

J'ai pu découvrir le travail de Kodo Chijiiwa en 2019, lors des Rencontres Photographiques à Arles où le photographe présentait en off une sélection de photographies sur le monde végétal de Yakushima, une petite île au sud du Japon où l'arte L'été 2019 il a été également invité par le BZH Photo pour une résidence d'artiste en Bretagne sous l'initiative de Camille Gajate. K. Chijiiwa est aussi le co-fondateur de Yakushima Photography Festival.

Son cycle intitulé «Yurameki» («tremblement» en japonais) commencé en 2015 lors d'un typhon, réalisé avec son Rolleiflex 2.8 F, en utilisant une double exposition. exprimant l'énergie créatrice de la nature: les métamorphoses végétales et minérales.

Le travail de K. Chijiiwa me semble proche de l'esprit des écrits de Junichirô Tanizaki où l'un et l'autre saisissent la chose elle-même et le halo qui l'entoure. forme chère à Tanizaki, Chijiiwa enregistre les vibrations de la nature proche, la beauté d'un monde fugace dont la photographie garde seul la mémoire.

Tel «un marin terrestre» il plonge lit téralement dans la fureur des éléments déchainés et marche au hasard secoué par les rafales et les embruns de la mer qui brouillent le paysage. Arpenteur des grands vents il a du mal à rester de conserver son équilibre et ne pas se laisser emporter. Il se livre corps et âme aux convulsions de la nature. Conscient de sa fragilité mais habité par des moments de grâce, il accueille ces phénomènes météorologiques comme des manifestations de la vie

K. Chijiwa fixe dans ses photos les énergies variées exprimant visuellement les forces élémentaires qui incarnent la vie: feu, air, terre et eau sous forme de liquide ou de neige. , animaux, végétaux, minéraux.

Ainsi dans ses photographies figurent l'importance des nuées et des éclaboussures de la mer, où l'air et l'eau fusionnent et se combinent pour donner naissance à un nouvel état de la matière, sorte de «spray» océanique formé de difféments conjugués, par une violente synergie de vapeurs d'eau, de vent et de mer transformés en éruption volcanique.

A travers son regard on voit des rayons surgir et disparaître sans cesse comme un soupir de la mer à sa surface dé sagrégée. En parvenant à dompter visuellement ce souffle, K. Chijiwa capte la respiration de la vie comme un ordre poétique dans un désord.

Il photographie aussi les traces laissées par la mer lorsqu'elle se retire a près ses furies. Fonds marins fantastiques qui laissent des craquelures visibles sur le sol à marée basse, comme les signes avant coureurs de constructions à venir pour de constructions , 2021)

Des affleurements étranges surgissent de sols cachés par la neige, paysages singuliers dessinant des calligraphies végétales et mettant en évidence des correspondances entre le monde céleste et le monde terrestre.

«Le temps des végétaux: ils semblent toujours figés, immobiles. On tourne le dos pendant quelques jours, une semaine, leur pose s'est encore précisé, leurs membres multipliés. de mieux en mieux réalisée. »

Francis Ponge, Le parti pris des choses

Le regard de Kodo Chijiiwa sur le monde végé tal amplifie ses mouvement silencieux et rend visible la puissance cachée de sa vie interne.

De simples rochers enregistrent des formes et des surfaces travaillées par des micro-organismes datant des temps immémoriaux, traces de végét aux disparus, paysages abstraits sculptés par le vent. en remontant l'échelle du temps. Ici la mémoire du temps se déroule à la vitesse d'un kaléidoscope tour bilonnant.

Le photographe nous questionne sur la signification du temps. Il témoigne que la nature est une vibration unique où l'homme et l'univers sont solidaires et que tout est lié et uni dans la multiplicité du vivant.

Ces interactions incessantes entre les énergies naturelles, les mouvements du corps physique se traduisent en images par des traces photographiques vibrantes comme si leur texture et leur substance avaient été rendues flexibles après avoir été absorbées par les vents.

Kodo Chijiiwa nous convie à des traversées dans les incessantes métamorphoses de la matière afin de nous faire entendre l'acuité du silence.

Witten by Yolita Rene (Art historian, Independent Curator) on 9lives magazine. 2021/5/21

Kodo Chijiiwa was born in 1976, in Saga, Japan and has resided in Yakushima since 2003. After he graduated from Tokyo Design Academy, in the Illustration Career Course in 2000, Kodo participated in Nobuyoshi Araki's portrait project as a model. He decided to become In 2006, Kodo studied DPE at the Manuel Alvarez Bravo photography school workshop in Oaxaca, Mexico. In 2008, after working as an assistant of Iris Janke, he had his first. solo exhibition and worked as a freelance photographer in Berlin, Germany. Kodo returned to Japan to participate in various exhibitions and photo productions in his home country. In the Fall of 2014, Kodo encountered a French photographer, Antonin Borgeaud, in Yakushima, Japan. Then in 2015, the two photographers founded the Yakushima Photography Festival (YPF) along with Art Director, Cleo Charuet. They organized the first Yakushima Photography Festival in October 2015. In November of that year, during Paris Photo, YPF won the best gallery award at Photo Doc, Paris, France. YPF has also received many positive reviews when they exhibited the YPF gallery during: Les Rencontres de la photographie d'Arles 2016. & 2017 & 2018. In 2018, Exhibited at International Photo Festival Incadaques (Cadaques, Spain) from YPF and also Kodo was invited as a portfolio reviewer at Rokkosan International Photo Festival (Kobe, Japan) from YPF.

In 2019, Kodo was invited as the first artist in residence photographer of BZH PHOTO to be held at Loguivy de la Mer located in Brittany France, and exhibited in July of the same year.

 

Kodo Chijiiwa was born in Saga Prefecture in 1976 and has lived in Yakushima since 2003. After graduating from the career course of the illustration department of Tokyo Design School in 2000, he participated in the portrait project of photographer Nobuyoshi Araki in 2003 as a subject. Aspiring to be a photographer, I was drawn into the process of creating a piece of work through photography. In 2006, moved to Mexico and studied DPE at the Manuel Alvarez Bravo photography school workshop in Oaxaca. After serving as an assistant to photographer Iris Janke in Berlin, Germany in 2008, he held his first solo exhibition and was in Germany as a freelance photographer. After returning to Japan, he worked on artistic activities such as production activities and solo exhibitions. Fall 2014 Established Yakushima Photography Festival (YPF) in 2015 with French photographer Antonin Borgeaud and deepening exchanges in Yakushima with Cleo Charuet as art director. The 1st Yakushima International Photo Festival will be held in October. Received the Best Gallery Award when exhibiting at the YPF booth at Photo Doc, during Paris Photo held in Paris, France in November. 2016 France Arles 2016 & 2017: Les Recontres Exhibited YPF gallery during d'Arles La Photography and gained popularity. In 2018, he participated in the exhibition as a YPF gallery at International Photo Festival Incadaques (Cadaques, Spain), and in the same year, he was invited to participate as a reviewer at the Rokkosan International Photo Festival. In 2019, he was invited as the first BZH PHOTO artist-in-residence artist at Rogivie de la Mer, France, and will be exhibiting in July of the same year.

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